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 Un idéalisme de conquête 
 
 
 
Un idéalisme de conquête
 
Date : Mon, 02 Oct 2006 08:55:00 GMT
Source : Casaploum
Link : http://20six.fr/casaploum/art/1337526

Encore un week-end bien rempli, avec des rencontres à la clé, des nouveaux visages, des promesses en suspens, de bons augures pour cette année à venir. Vendredi soir, j'ai reçu la visite de mon ami LuK, pour une reprise toute en douceur de mes cours de guitare et quelques bières aussi pour nous accompagner. Samedi, j'ai passé un sale moment, avec résurgence d'une lente et sourde angoisse, qui est montée en puissance jusque tard dans la soirée. Je joue sur plusieurs tableaux en ce moment, et l'un d'eux s'est entaché péniblement. Je ne peux pas lui en vouloir, j'ai parfaitement mérité ce qui m'arrive, du moins pour un temps. Heureusement, en fin de soirée, c'est encore Angélica qui est venue me sauver. Elle m'a appelé pour sortir boire un verre sur le coup des dix heures du soir et m'a permis de rencontrer trois femmes de trois nationalités différentes. Entre Angélica l'argentine, Olga la russe, Pria l'indienne, Isabelle l'anglaise (que je connaissais déjà du week-end précédent), et D. la tchèque (je ne me rappelle plus de son prénom exact), il faut dire que j'étais en agréable compagnie : toutes plus belles les unes que les autres et de très intéressante conversation, ce qui ne gâche rien. Je suis littéralement tombé sous le charme d'Olga, avec qui je n'ai discuté qu'en toute fin de soirée, alors que nous rentrions chacun dans nos pénates respectives. Olga est amoureuse, elle a un copain, et ce n'est pas important. Je ne cherche pas encore de remplaçante à Sandrine, que je dois revoir demain et (surtout) après-demain. J'espère parvenir à prendre mon temps pour une fois, et ne pas me jeter sur la première femme venue. Je dois d'abord, avant toute chose, clarifier mon rapport avec Sandrine. Angélica me dit que j'idéalise trop mes copines et que cela me joue des tours. Je ne suis pas lecteur des surréalistes, de Breton et de l'Amour Fou pour rien ! Même si cela me joue parfois des tours, c'est aussi ce qui me permet d'enchanter mon existence quand je fais une rencontre. Le plus dur, c'est toujours la chute. Au boulot, sinon, rien ne semble devoir changer, j'ai encore tout un lundi à occuper et aucune tâche réelle à accomplir. C'est donc l'ennui le plus total. J'ai beau chercher ailleurs, je ne trouve rien. En plus, mon job n'est pas trop mal payé, ce qui renforce la difficulté de la recherche. J'ai hâte d'être à mardi, je rejoins Sandrine au cinéma. Il semblerait que je lui ai donné ce goût-là (qui devait certainement être latent), et en v.o. en plus ! A force d'efforts, la jolie demoiselle est en train de douter. Je ne suis pas naïf, je sais à quoi m'attendre : une femme qui prend une décision ne revient que rarement en arrière. Mais j'ai besoin d'aller au bout de l'histoire, pour ne pas avoir de regrets ensuite. Les regrets, c'est un poison insidieux pour l'âme, qui l'attaque sournoisement, péniblement. J'ai mis des années pour oublier Marie, parce que notre relation se terminait sur des regrets et beaucoup de ressentiment. Aujourd'hui, je veux bien faire des erreurs, mais pas celles du passé ! La vie n'est jamais simple. Quand on a le confort matériel, on recherche l'amour, quand on a l'amour, il nous manque le piment de l'insécurité, l'aventure... On navigue à vue sur une mer déchaînée, toujours oscillant entre le pire et le meilleur, sans répit, sans repos, sans contentement. Il serait intéressant de faire une recherche sur le taux de suicide et du nombre de dépression sur la seconde moitié du 20è siècle, et de suivre sa récente évolution, depuis l'écroulement des idéologies, le triomphe de l'individualisme, du matérialisme, du consumérisme, depuis les années 1990... Je suis sûr que les résultats seraient effrayants. Est-ce que le monde n'est pas un organisme comme un autre, avec son enfance, son âge adulte, puis sa lente dégénérescence ? Dans ce cas, nous sommes les cellules de cet organisme, et nous pourrissons avec lui, entraînant son déclin, vers une mort lente et débile. Même si cette vision s'avère en partie vraie, il reste deux réponses à apporter lors de notre bref passage sur Terre : l'Amour et la Beauté. L'Amour, c'est le sentiment qui nous relie à l'autre, la Beauté, c'est le sentiment qui nous relie au monde. On ne peut pas aimer tout le monde, mais il faut rechercher ce sentiment, vivre pour lui lorsque c'est possible. La Beauté est une recherche personnelle, moins répandue que l'Amour (que nous portons tous en nous, que nous recherchons tous à vivre et à partager) et qui passe par notre environnement, c'est ici qu'intervient le phénomène des correspondances, dont j'ai parlé dans une note précédente : Mais où es-tu donc allé te Fourier... L'Amour et la Beauté, c'est ce que je regroupe sous le terme de Grande Sensation. Je ne suis pas encore suffisamment avancé dans mes recherches et mes idées pour en dire plus, tout cela est encore confus dans mon esprit, mais j'espère pouvoir avancer dans cette voie et proposer un jour un ensemble plus cohérent et pertinent. L'Amour sans la Beauté est une chimère qui s'épuise sur les récifs du réel profane et désenchanté. L'Amour seul ne suffit pas, il doit se nourrir de la Beauté, celle qui est autour de nous, dans le monde naturel et dans les productions artistiques. Le désespoir et la frustration naissent de l'impossibilité ou de l'incapacité (totale ou momentanée) de ne pas parvenir à remplir sa vie de ces deux ingrédients, de cette alchimie savante et simple à la fois, qui requiert certainement une autre organisation politique et sociale, accompagnée par une prise de conscience réelle du rapport de domination et d'aliénation d'un monde dans lequel priment le pouvoir et l'argent. Si aucune voix ne s'élève pour donner des chemins à explorer, si le fatalisme et le cynisme l'emportent, alors aucun réenchantement n'est possible. Il ne faut pas oublier que ce monde repose sur des idées, sur un système social (de domination) complexe mis en place par l'homme lui-même. Servons-nous de ces idées, ne renonçons pas, informons-nous, explorons des systèmes non-conformistes, iconoclastes, faisons entendre notre voix. Le changement est à ce prix.
 
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